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Avant toute chose, ne vous laissez pas influencer par certaines représentations de la maladie, souvent perçue à tort comme une « mort de l’esprit ». Par méconnaissance, les gens ont tendance à réduire la maladie à sa phase la plus invalidante. Ce n’est pas parce que vous êtes malade que votre vie s’arrête. Vous devez rester actif autant que possible, tout en sachant reconnaître vos limites : il faudra adapter votre niveau d’activité en fonction de l’évolution de la maladie. Certains conseils seront utiles pour les uns, inutiles pour les autres. A vous de trouver votre rythme et votre manière d’être acteur de la maladie. Veuillez cliquer sur les différents onglets pour afficher le contenu et recliquer pour le masquer.
Communiquez
Vos proches peuvent se fâcher et s’énerver face à vos oublis. Certains vous reprocheront même de ne pas faire d’efforts et vous mettront dans des situations qui ressemblent à des mises à l’épreuve. Certains amis ou voisins peuvent vous éviter, souvent parce qu’ils connaissent mal les troubles dont vous souffrez et qu’ils craignent de ne pas savoir comment faire.
Tout cela, ajouté à la peur de ne pas être écouté ou d’embarrasser les autres, fait que vous pouvez avoir tendance à vous replier sur vous-même si vous n’y prenez garde. C’est pourquoi il est très important de continuer à fréquenter vos proches et vos amis. Utilisez le téléphone, invitez ou faites vous inviter à dîner. Plus généralement, profitez de chaque occasion de la vie pour engager la conversation. Ce n’est pas non plus parce qu’on a la maladie d’Alzheimer qu’il est interdit de rire si l’occasion se présente ! La vie continue. Parler, c’est exprimer ses émotions et donc ses difficultés. Sachez que votre entourage se demande souvent comment vous vivez les choses et comment vous aider. Quand vous le jugez nécessaire, parlez-leur de vos problèmes, notamment de vos difficultés de mémoire. Sachez que pour votre entourage, la survenue de la maladie est aussi un choc avec un gros impact émotionnel. Organiser une réunion de famille peut être une bonne occasion d’en parler et d’exprimer vos besoins par la même occasion. Toutefois, certains membres de votre entourage seront plus à l’aise que d’autres pour vous entendre et vous apporter du soutien. A vous de choisir les bons interlocuteurs. En règle générale, n’ayez pas peur d’avoir besoin des autres et ne vous sentez pas coupable de demander de l’aide. Les gens informés peuvent se montrer très compréhensifs et même se sentir valorisés de pouvoir vous rendre service. Préciser vos besoins permet aux gens qui vous entourent de répondre juste sans en faire trop ou pas assez. Cette attitude vaut dans toutes les situations de la vie : si vous êtes perdu, expliquez aux gens que vous avez des difficultés et demandez-leur de vous aider. Si besoin est avec les gestes, les mimiques, les intonations de voix : la communication ne s’arrête pas aux mots. Si vous avez des enfants jeunes ou adolescents, il est important de leur expliquer ce qui se passe et les difficultés que vous rencontrez. Rassurez-les sur le fait que vous êtes toujours en capacité de les aimer malgré la maladie. Surtout à l’adolescence, votre enfant ne souhaitera peut-être pas en parler et préférera que rien ne se sache à l’extérieur. Il est important de respecter ce choix.
N’oubliez pas les groupes de parole, où vous pourrez partager vos expériences avec d’autres personnes malades. Ce peut être une démarche complémentaire au suivi individuel par un psychologue.
Soyez inventif
Il existe de nombreuses astuces pour parer aux défaillances de votre mémoire et vous faciliter la vie. Les médecins parlent de
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Restez actif
Jardinage, bricolage, promenade, jogging, football, vélo, natation, exercices d’assouplissement, de musculation ou d’équilibre… toute activité corporelle est bonne. Le bénéfice est double : vous gardez la forme et vous évacuez votre stress. Comme le corps, l’esprit a besoin d’exercice. Cette stimulation intellectuelle peut prendre une forme ludique : jeux de lettres (les chiffres et les lettres, le scrabble, mots croisés), jeux de questions (Trivial Pursuit), jeux de raisonnement (cartes, dominos, casse-tête), jeux d’adresse (mikado), jeux de stratégie (Monopoly), jeux de construction (maquettes)…
Ne négligez pas non plus les activités musicales, concerts, écoute de disques, musicothérapie: les chercheurs ont remarqué que les aires cérébrales sollicitées par la musique sont plus nombreuses et plus longtemps préservées que celles mobilisées par le langage.
En somme, tout est bon pourvu que vous y preniez du plaisir et que cela vous empêche de tomber dans une attitude de repli. Dites-vous que toutes ces stimulations intellectuelles, physiques et sociales, font partie du traitement puisque les études scientifiques font l’hypothèse qu’elles freinent l’évolution de la maladie. Evidemment, il faut veiller à rester à l’écoute de vous-même et garder un rythme qui vous convient. Avec le temps, il vous faudra peut-être adapter vos activités. Vos capacités ne sont pas les mêmes selon que vous en êtes à la phase initiale ou à la phase modérée de la maladie. De manière générale, soyez tolérant envers vous-même.
Si vous êtes encore en activité professionnelle
Dans un premier temps, c’est le maintien au poste de travail qui est privilégié, avec de possibles aménagements pratiques ou horaires. La mise en œuvre d’un temps partiel thérapeutique est une solution. Faites attention à ne pas surestimer vos capacités : inutile de se mettre en situation d’échec. Dans certains cas, sur tout poste qui s’avérerait impossible à aménager, le médecin notifie une inaptitude. Elle est toujours accompagnée d’une définition des capacités restantes et de propositions de reclassement, qui restent néanmoins dépendantes des possibilités de l’employeur. Parfois, il s’avère impossible de préserver l’emploi en réalisant une mutation sur un autre poste de travail. Le dernier recours est alors le licenciement pour raisons médicales. Compte tenu des difficultés que peut entraîner une éventuelle mise à l’écart du monde professionnel (sentiment d’inutilité, dévalorisation, diminution des moyens financiers, etc.), il est important d’appréhender ces problèmes le plus tôt possible. Si vous devez arrêter votre activité professionnelle, deux dispositifs permettent de compenser la perte de salaire : les indemnités journalières et la pension d’invalidité (voir rubrique « Se faire aider »).
Et la conduite automobile ?
Si vous avez du mal à évaluer les distances et que vos réflexes ne sont plus aussi vifs, parlez-en à votre médecin. Il vous conseillera peut-être d’éviter les routes à forte circulation, la conduite de nuit, sous la pluie, sur de longs trajets ou des parcours nouveaux. Il vous prescrira éventuellement des tests afin d’évaluer vos capacités d’anticipation et vos réflexes. Si ces tests s’avèrent négatifs, il vous déconseillera totalement de conduire. C’est une décision très frustrante, car on renonce à une part de son autonomie. Mais dites-vous que c’est pour votre sécurité et celle des autres. Mettez alors en place des solutions alternatives : prenez les transports en commun, demandez à vos amis de venir vous chercher pour les sorties. |
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